
Vous cherchez à connaître le prix terrain agricole dans votre région avant d’acheter ou de vendre ? Le marché foncier rural affiche des records avec 6 400 €/ha en moyenne, mais les écarts entre départements peuvent aller du simple au quintuple. Cette analyse détaille les barèmes officiels 2025-2026, les prix au m² par type de culture, et les critères qui font varier la valeur d’une parcelle. Vous saurez exactement comment estimer votre bien et éviter les pièges lors d’une transaction.
La valeur des terres agricoles : les chiffres clés en 2025
Le prix moyen d’un hectare en France
Le dernier barème officiel publié par la SAFER et le Ministère de l’Agriculture fixe le prix moyen des terres libres à 6 400 €/ha. C’est un nouveau record historique, porté par trois années de hausse consécutive.
Pour les terres louées, la valeur descend à environ 5 200 €/ha. Cette décote de 15 à 25% s’explique par le bail rural qui limite la liberté de l’acquéreur.
Attention : ces moyennes nationales cachent des réalités très différentes selon les régions. Un hectare en Beauce peut valoir 5 fois plus qu’un hectare dans le Massif Central.
Prix du terrain agricole au m² par type de culture
| Type de terre | Prix moyen €/ha | Prix moyen €/m² |
|---|---|---|
| Grandes cultures (céréales, betteraves) | 9 500 € | 0,95 € |
| Polyculture-élevage | 6 500 € | 0,65 € |
| Prairie d’élevage bovin | 4 200 € | 0,42 € |
| Maraîchage périurbain | 12 000 €+ | 1,20 €+ |
| Vigne (hors AOP prestigieuses) | 15 000 € | 1,50 € |
| Zone de montagne | 2 800 € | 0,28 € |
Le prix au m² reste la question la plus fréquente, mais attention : les références professionnelles s’expriment toujours à l’hectare. Pour convertir, divisez simplement le prix par 10 000. Une terre à 6 400 €/ha revient donc à 0,64 €/m² en moyenne nationale.
Tendance du marché : entre hausse des prix et baisse des transactions
On note une progression de 3,2 %. Cette hausse suit la détente des taux d’intérêt, après la période de forte augmentation que nous avons tous subie récemment.
Pourtant, l’activité tourne au ralenti. Les chiffres officiels sont sans appel : le nombre de transactions a reculé de 16,6 % et la superficie de 14,1 %. Le marché est nettement moins dynamique qu’auparavant, ce qui bloque de nombreux projets.
Bref, moins de terres se vendent, mais elles partent plus cher. C’est le paradoxe actuel.
Évolution du prix des terres agricoles sur 10 ans

| Année | Prix moyen €/ha | Évolution annuelle |
|---|---|---|
| 2015 | 5 100 € | – |
| 2017 | 5 400 € | +2,9% |
| 2019 | 5 700 € | +2,8% |
| 2021 | 6 000 € | +2,6% |
| 2023 | 6 200 € | +1,7% |
| 2024 | 6 400 € | +3,2% |
| 2025 (estimation) | 6 600 € | +2 à 4% |
En 10 ans, le prix des terres agricoles a progressé de près de 30%. Cette hausse s’explique par la raréfaction de l’offre, la pression foncière en zones périurbaines et l’intérêt croissant des investisseurs non-agricoles. La tendance devrait se poursuivre en 2025-2026, portée par la baisse des taux d’intérêt.
Les facteurs qui dictent le prix d’un terrain agricole
L’impact de la géographie et du type de culture
La localisation reste le critère numéro un pour estimer un prix terrain agricole cohérent. Les écarts sont massifs : on passe de 2 000 €/ha en zone de montagne à plus de 15 000 €/ha en Île-de-France.
Les dynamiques régionales s’opposent. Si le Grand Est ou les Hauts-de-France grimpent, la Bourgogne-Franche-Comté et les Pays de la Loire stagnent désormais.
La production joue aussi un rôle clé. Les terres de grandes cultures se négocient 63 % plus cher, même si la hausse ralentit.
Qualité du sol, accès et potentiel : les autres variables
Au-delà de la carte, la qualité agronomique du sol constitue la base technique fondamentale pour définir la valeur productive d’une parcelle.
D’autres atouts pèsent lourd : l’accès à l’irrigation, des bâtiments agricoles en bon état ou la proximité d’une ville font grimper la facture.
Enfin, le potentiel de constructibilité est un levier puissant. Si votre terrain agricole devient constructible, attention à la plus-value sur vente terrain : une taxe forfaitaire de 5 à 10% s’ajoute à l’imposition classique.
Fourchette de prix par grande région

| Région / Zone | Prix bas €/ha | Prix haut €/ha | Prix moyen €/m² |
|---|---|---|---|
| Île-de-France | 10 500 € | 15 000 € | 1,05 € – 1,50 € |
| Picardie / Nord-Pas-de-Calais | 9 000 € | 12 000 € | 0,90 € – 1,20 € |
| Beauce / Centre | 8 000 € | 11 000 € | 0,80 € – 1,10 € |
| Champagne | 7 500 € | 9 500 € | 0,75 € – 0,95 € |
| Bretagne | 5 500 € | 7 500 € | 0,55 € – 0,75 € |
| Normandie | 5 000 € | 7 000 € | 0,50 € – 0,70 € |
| Aquitaine / Sud-Ouest | 4 500 € | 6 500 € | 0,45 € – 0,65 € |
| Massif Central | 2 500 € | 4 000 € | 0,25 € – 0,40 € |
| Zones de montagne (Alpes, Pyrénées) | 1 800 € | 3 500 € | 0,18 € – 0,35 € |
| Source : Barème indicatif SAFER/Ministère de l’Agriculture. Prix pour terres libres non bâties. | |||
Le rôle incontournable de la SAFER et des sources officielles
On ne peut pas ignorer les Sociétés d’Aménagement Foncier et d’Établissement Rural. Leur mission ? Stopper net la spéculation et prioriser l’installation de jeunes agriculteurs. Sans leur aval, votre projet risque tout simplement de capoter.
Son arme fatale reste le droit de préemption. Chaque vente lui est notifiée obligatoirement. Si le bien l’intéresse pour l’intérêt général, elle vous écarte et prend votre place.
Une fois notifiée, l’organisme a deux mois pour trancher. C’est le délai légal.
Où trouver des données de prix fiables ?
Estimer le juste prix terrain agricole est un casse-tête si on regarde au mauvais endroit. Plusieurs sources existent, mais leurs méthodologies divergent. Il faut absolument croiser les fers.
Pour ne pas naviguer à l’aveugle, voici les trois références que je consulte systématiquement :
- Le barème indicatif de la valeur vénale des terres agricoles : Publié chaque année par le Ministère, il offre des moyennes par département et petite région agricole.
- Les données des SAFER : Visibles sur le-prix-des-terres.fr, ces chiffres reflètent uniquement les transactions où elles ont mis leur nez.
- Les données DVF (Demandes de Valeurs Foncières) : Ce fichier open data recense toutes les ventes brutes, y compris celles qui passent sous le radar de la SAFER.
Saisissez bien la nuance. Les barèmes officiels lissent la réalité via des moyennes, alors que le DVF expose les ventes réelles, parcelle par parcelle. Pour évaluer un bien spécifique, c’est cette granularité qui fait la différence.
Estimer et vendre un terrain agricole : les cas particuliers

Démarches et fiscalité d’une vente
Pour éviter de brader votre bien, la première étape logique reste l’évaluation technique. Faire appel à un expert foncier est souvent la meilleure solution. Pour une estimation précise de votre terrain, plusieurs méthodes existent. Si vous envisagez une division parcellaire, un géomètre sera indispensable.
Une fois le prix fixé, voici le parcours administratif obligatoire pour sécuriser la transaction :
- Faire réaliser une estimation fiable du bien.
- Signer un compromis de vente.
- Notifier obligatoirement la SAFER du projet de vente.
- Attendre la fin du délai de préemption de deux mois.
- Signer l’acte de vente définitif chez le notaire.
Côté finances, notez que les droits de mutation sont réduits lors de ces transactions. De plus, une exonération partielle de l’IFI est tout à fait possible, à condition de respecter certains critères d’exploitation.
Le cas des petites parcelles et des terrains non constructibles
Méfiez-vous des calculs rapides concernant le prix terrain agricole au mètre carré. Les références de marché ciblent l’hectare (10 000 m²). Pour une petite parcelle de 1000 m², il ne suffit pas de diviser le prix par dix ; la valeur au m² y est souvent plus volatile.
Rappelons que le statut de terrain agricole non constructible constitue la norme. Les barèmes officiels concernent justement ces terres. Il faut bien distinguer ce statut des différents types de terrains, notamment les terrains non constructibles qui obéissent à des règles spécifiques.
Le marché des terres agricoles en 2025 affiche un paradoxe clair : des prix records malgré une baisse des transactions. La valeur d’un hectare dépend avant tout de sa localisation et de sa qualité agronomique. Pour sécuriser votre projet, l’analyse des données locales et l’expertise d’un professionnel restent donc indispensables.
🔴 Lutter contre la disparition des terres agricoles et renforcer la régulation des prix du foncier agricole
— Assemblée nationale (@AssembleeNat) March 11, 2025
🗂️ Suivez l'examen de la proposition de loi, en première lecture.
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FAQ
Quel est le prix moyen d’un hectare de terre agricole en 2025 ?
Pour l’année 2024, le prix moyen des terres et prés libres non bâtis a atteint un record de 6 400 euros par hectare, marquant une hausse de 3,2 %. Cependant, cette valeur varie considérablement selon le statut d’occupation : les terres louées se négocient moins cher, autour de 5 220 euros par hectare, en raison de la décote liée au bail rural.
Quel est le prix au m² d’un terrain agricole ?
Si l’on ramène le prix de l’hectare au mètre carré, la valeur moyenne nationale est d’environ 0,64 euro le m² pour une terre libre. Ce montant peut sembler faible comparé au terrain constructible, mais il cache de fortes disparités : une vigne AOP ou une parcelle de maraîchage en zone périurbaine peut valoir beaucoup plus, tandis qu’une prairie en zone de montagne peut descendre sous les 0,20 euro le m².
Comment estimer la valeur vénale d’une parcelle agricole ?
L’estimation ne se limite pas à appliquer une moyenne régionale. Il faut analyser la qualité agronomique du sol, la topographie, l’accès à l’eau pour l’irrigation et la présence éventuelle de bâtiments. Le type de culture joue aussi un rôle majeur : les terres de grandes cultures valent en moyenne 63 % plus cher que les surfaces dédiées à l’élevage bovin.
Est-il possible de fixer librement le prix de vente d’un terrain agricole ?
En théorie, le vendeur et l’acheteur fixent le prix librement. En pratique, la SAFER veille à la régulation du marché. Si le prix affiché est jugé spéculatif ou trop éloigné des prix du marché local, cet organisme peut exercer son droit de préemption avec révision de prix, obligeant souvent à revoir le montant à la baisse pour finaliser la transaction.
Combien coûte un terrain agricole de 1 000 m² ?
Pour une petite surface de 1 000 m², le calcul proportionnel (environ 640 € selon la moyenne nationale) est rarement pertinent. Ces petites parcelles, souvent prisées pour des usages de loisirs ou de potager familial, subissent une pression de la demande plus forte. Leur prix au m² est généralement plus élevé que celui des grandes surfaces d’exploitation, surtout si elles sont proches d’une zone habitée.
Un non-agriculteur peut-il acheter des terres agricoles ?
Oui, l’achat est autorisé pour les particuliers, mais il reste complexe. La priorité est systématiquement donnée aux agriculteurs actifs, notamment pour l’installation des jeunes. La SAFER préempte souvent les biens intéressants pour les rétrocéder à des professionnels. Les opportunités pour les non-agriculteurs concernent généralement des biens de petite taille, des terres isolées ou des forêts.
Qui détermine le prix officiel des terres agricoles ?
Le prix résulte de la confrontation entre l’offre et la demande, mais il est encadré par des références officielles. Chaque année, le Ministère de l’Agriculture publie le barème indicatif de la valeur vénale des terres, basé sur les transactions recensées par les SAFER. Ces données servent de boussole pour les notaires, les vendeurs et les acquéreurs afin de fixer un prix cohérent.
Comment connaître le prix de la terre agricole dans ma commune ?
Trois sources officielles permettent d’obtenir des données locales précises. Le site le-prix-des-terres.fr (SAFER) donne les prix par petite région agricole. Le barème du Ministère de l’Agriculture, publié chaque année au Journal Officiel, détaille les valeurs par département. Enfin, la base DVF (Demandes de Valeurs Foncières) sur app.dvf.etalab.gouv.fr recense toutes les transactions réelles, parcelle par parcelle.
Un terrain agricole peut-il devenir constructible ?
Oui, mais c’est rare et dépend entièrement de la commune. Un changement de zonage au PLU peut transformer une terre agricole en terrain à bâtir. Si ce classement date de moins de 18 ans lors de la vente, une taxe forfaitaire de 5 à 10% s’ajoute à l’impôt sur la plus-value classique. Consultez le certificat d’urbanisme de votre mairie pour connaître le statut exact de votre parcelle.
Pourquoi les terres louées sont-elles moins chères ?
Une terre occupée par un fermier sous bail rural se vend 15 à 25% moins cher qu’une terre libre. L’acquéreur hérite du bail en cours et ne peut pas exploiter librement le terrain tant que le fermier reste en place. Cette contrainte justifie la décote appliquée sur le prix de vente.